Il y a 5 ans, mon psy de l’époque m’avait dit : « la pire chose qui puisse t’arriver, c’est de ne plus avoir d’acné ». Sur le coup je m’étais dit : « il a vraiment rien compris celui là ! ». Mais en fait avec du recul, je réalise qu’il avait raison…⁣
⁣.
Pour un(e) dermatillomane, supprimer l’acné reviendrait à cacher les bouteilles d’alcool d’un(e) alcoolique. Dès que le manque se fera sentir, cette personne cherchera à se procurer de l’alcool par tous les moyens. Quitte à boire… du parfum ou du vinaigre !⁣
Pourquoi ? Parce que son envie de boire est en fait un besoin. Un besoin dicté par son inconscient. Son inconscient a intégré le fait (à force de le répéter) que : un trop-plein d’émotion s’apaise en buvant de l’alcool. Du coup dès qu’il se retrouve submergé par ses émotions, comme il ne sait pas les gérer autrement, il se réfugie dans l’alcool…⁣
⁣.
Mais alors, si un traitement comme Roaccutane vient supprimer TOUS les boutons ?

On sait tous ici que la majeure partie des dermatillomanes n’ont pas une peau acnéique. Nous créons notre acné. Le traitement va donc supprimer les quelques inflammations qui existent. Mais l’état d’esprit de la personne restera le même… OK les crises liées à « la vue d’une imperfection » seront peut-être évitées. Mais dans toutes les autres situations propices aux crises (grosse période de stress par ex), sans un travail de fond, la personne conservera ses pulsions de grattage. Elles seront parfois même encore plus destructrices car la personne va aller « chercher » la plus petite imperfection qu’elle peut trouver pour s’acharner dessus. OU alors le comportement obsessionnel se reportera sur autre chose : TCA, ongles etc… ⁣
⁣.
Le traitement Roaccutane est de plus extrêmement lourd pour la santé (notamment pour le foie), avec un gros risque de dépression. Et il n’est pas assuré de fonctionner à 100%.. Il n’est vraiment pas à prendre à la légère et doit être réservé à une acné très forte, pour laquelle rien ne fonctionne….⁣


⁣.
👉Ceci n’est que mon avis. Je n’ai jamais fait Roaccutane. Ce serait intéressant d’en parler ici. J’ai créé un channel de discussion sur le FORUM pour aborder ce sujet si vous souhaitez vous exprimer, demander des conseils ou partager une expérience.

 

Je vous remets également ici les différents commentaires qui avaient suivi la publication de ce post sur mon Instagram :

  • « Sujet très intéressant ! Je suis en plein questionnement concernant la prise de ce traitement a dose faible durant environ 4 mois. Mais il est vrai que je n’avais pas réfléchie les choses sous cet angle 🤔 Des témoignantes seraient donc les bienvenues ! »

 

  • « J’ai réalisé 2 cures de roaccutane. Peau parfaite pendant les cures mais retour de l’acné après seulement quelques mois à chaque fois… Étonnamment je ne touchais pas ma peau pendant les cures et je n’en ressentais pas du tout le besoin. Mais au retour des premiers boutons ma derma est revenue en force… Je ne conseil vraiment pas ce traitement qui (comme dans mon cas) peut être totalement inefficace, et avec lequel j’ai eu de très lourd effets secondaires qui auraient pu me coûter la vie. »

 

  • « J’avais une acné assez forte quand j’ai fait les traitements oui. Au fil des années elle a bien diminué, aujourd’hui je peux dire que c’est vraiment la dermatilomanie qui se voit sur ma peau et moins mon acné…Au final, je pense que roaccutane peut aider si il enlève TOTALEMENT l’acné (ce qui doit être rare), pour celles qui ont vraiment des gros problèmes d’acné uniquement bien sûr. Mais je pense que la dangerosité du traitement ne vaut pas le coup de prendre ce risque. Bien que je comprenne les personnes qui sautent le pas, car l’acné importante est vraiment dur à vivre au quotidien… 🤔 »

 

  • « Je pense que le diagnostic est essentiel avant de commencer ce traitement. La première chose à voir c’est s’il y a une réelle acné sévère sous la dermatilomanie, ou si c’est la dermatilomanie qui empire une acné légère… »

 

  • « Je partage ton point de vue. On m’avait proposé des antibiotiques et roaccutane également quand j’étais allée voir un dermato et j’ai tout refusé car je sais que je n’ai pas d’acné et que c’est moi qui la crée. Et comme tu dis ça se reporte ailleurs, on a d’autres endroits à gratter, dos jambes etc. »

 

  • « J’ai pris ce traitement il y a quelques années de ça. Je t’avoue que ça ne m’avait pas vraiment aidé, parce que je ne suis pas quelqu’un qui suit correctement les traitement. Comme tu le sais, je suis quelqu’un de très fragile psychologiquement, mais je n’ai pas connu de période de dépression avec ça. Finalement, j’ai laissé faire le temps, et ça va un peu mieux, même s’il m’arrive d’avoir des poussés de boutons ( petite anecdote : À chaque prise de sang, les infirmières me piquaient mal… Ça devenait ma hantise de me faire piquer 😂) »

 

  • « Pour le coup je ne suis pas d’accord. Depuis que ma pilule a calmé mon acné je n’ai plus fait AUCUNE crise de derma. Même quand j’ai un petit bouton ou deux de temps en temps.. En revanche je pense que je ne suis pas guérie. Le jour où mon acné flambé à nouveau je pense que je retombe dans la derma. »
  • —> « La pilule fait office de pansement pour toi, mais ton équilibre émotionnel en dépend… Tu sais que tu n’es pas libre et il reste certains schémas irrationnels en toi, non gueris, qui peuvent revenir a tout moment.. Après tant mieux si en attendant grâce à la pilule tu vas mieux par rapport a la derma ! Mais ça peut justement être l’occasion d’en profiter pour vraiment travailler sur toi, te confronter a ce qu’il se cache vraiment derrière ta peur des imperfections etc… 😘 »

 

  • « Très intéressant. La derma se développe sans doute à cause des premières imperfections mais quand elle est installée cela devient un mécanisme qui ne dépend plus des imperfections en elles-mêmes. Bien sûr le fait de voir des imperfections peut déclencher une crise, mais comme tu dis les crises dûes aux émotions elles ne disparaissent pas et peuvent mêmes avoir de pires conséquences si on essaie d’éviter le problème. Dans mon cas même quand ma peau est plus belle si une crise survient je vais aller chercher les moindres petites choses, sous différentes lumières etc. Pareil pour les crises quand on essaie de se couper les ongles très ras. Gros dégâts et frustration assurés. »
  • —> « oui exactement. Au début c’est un comportement de grattage « classique » comme le font les gens non atteints sur leurs imperfections. Mais l’inconscient y trouve petit a petit don compte en ce que ça l’apaise et permet de créer un moment de grande concentration où on oublie tout. Alors il y prend goût et petit a petit le trouble de met en place… Oui ça ne m’étonne pas du tout ce que tu expliques sur les jours où ta peau est belle. Cette manière de gérer tes émotions est encore en toi et donc se manifeste quoi qu’il arrive… »
  • —> » ma psy m’a dit que chez les gens qui ont des tocs, les structures mêmes du cerveau sont modifiées. On développe des connexions nerveuses qui font que les réflexes ou « volontés » de s’arrêter lors d’une crise par exemple, sont inhibés. C’est comme si en plus d’être psychologique, c’était physiquement impossible de s’arrêter, parce que notre cerveau a développé des connexions différentes de celles des gens sans toc. Donc le travail sur le toc consiste véritablement à déconstruire peu à peu ces connexions. »
  • —> » c’est EXACTEMENT ça 🙌🌸 la volonté et l’envie n’a malheureusement peu de poids dans tout ça… Et c’est pour ça que la thérapie est indispensable pour se sortir de la derma selon moi… ❤️ »

 

  • « Jai eu recours à ce traitement, c’est moi-même qui est lourdement insisté pour l’avoir alors que le dermato n’était pas pour. Je l’ai fait pour rien au final, car à part me dessécher complètement, me faire souffrir avec des courbatures dans tout le corps en permanence et me déprimer, ça n’a rien fait. Puisqu’effectivement je continuai à me toucher la peau sans cesse. Si c’était à refaire je ne le referai pas, c’est sûr ! »

 

  • « Je dois commencer le traitement le 2 mars . Personnellement je suis prête à prendre les risques pour avoir les bénéfices . Je pense même avoir trop attendu pour le faire . J’ai conscience que pendant un temps je n’avais pas de boutons et que je m’en créé pour évacuer des tensions internes . Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir avancé ´d’avoir compris certaine chose . Je ne me touche plus la peau . Je ne sort plus mes points noirs tout les soirs et je ne scrute plus le moindre pore mais mon acné s’est empiré. J’ai des kystes qui reviennent et sont très douloureux entre les yeux et dans les sourcils depuis 2 ans maintenant . Je pense qu’il faut savoir se raisonner sur la prise de ce traitement si on a vraiment aucune maîtrise de la derma . Mais je pense aussi que ça peux donner le coup de pouce final pour s’en sortir si on a déjà fait les 3/4 du chemins et que l’acné est vraiment un handicape de vie . Car il faut pas le nier l’acné aussi est une maladie tres difficile à traiter et mal considéré »

 

  • « Non il faut pas perdre dans tous les cas on va quand même recommencer et ça va s’empirer »

 

  • « J’ai eu recours au Roaccutane à 20ans pour une acné modérée mais persistante et pendant les 10mois de traitement je ne touchais plus ma peau car elle était très fine, rouge, sèche, se desquamait et me faisait très mal. Je ne sais plus par quel autre moyen jévacuais mon stress mais je sais qu’aujourd’hui j’ai toujours la même acné qu’il y a 10ans (après une accalmie de 1an après le traitement) et ma derma a repris dès que ma peau a été moins sensible. A traquer les imperfections on finit toujours par en trouver… De plus j’ai arrêté le Roaccutane au bout de 10mois car il y a de nombreux effets secondaires notamment les douleurs articulaires et il devenait difficile pour moi de marcher. C’est un traitement à ne pas prendre à la légère, qui ne fonctionne pas toujours et qui je le confirme ne règle pas la derma, en tout cas pas pour moi. Je rejoins donc entièrement ton avis @peau.ssible « 

 

  •  » tres mauvaise molécule ++++ il faut eviter, teratogene, peut se fixer dans les os et passer en systemique des années apres. Attention +++ »

 

  • « Personnellement roaccutane m’a sauvé la vie »

 

  • « J’ai pris roaccutane quand j’étais ado car j’avais une acne sévère. Ça a été le seul traitement qui a réglé mes problèmes d’acné. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup d’effets secondaires, moi je me souviens surtout des douleurs aux articulations. Mais ce n’est pas un traitement que je conseillerais aux dermatillomanes car il assèche énormément la peau, les dégâts niveau cicatrices seraient encore pire. Depuis ma période ado terminée je me suis rendue compte que le soleil me donnait de l’acné et le lait également. Depuis crème spf 30 toute l’année sur le visage, et je bois du lait écrémé. Du coup même enceinte je n’ai pas eu d’acné »

 

  • « Je suis plutôt d’accord avec toi car il faut différencier d’un grattage lié à la présence d’acné que l’on ne supporte pas et d’une vrai dermatillomanie qui est un acte obsessionnel, une pulsion de grattage mais pas uniquement lié à l’acné. Comme tu le dis si bien la majeure partie des dermatillomanes n’ont pas une « vrai » peau acnéique de base (acné modéré, severe…) donc Roaccutane ne serait pas approprié. Je pense que c’est un point qui est très délicat du côté du diagnostique, repérer une dermatillomanie ou une vrai présence d’acné favorable au grattage (mais pas au pulsion). En tout cas c’est un débat hyper intéressant pour évoluer la connaissance de la dermatillomanie 🙂 »

 

  • « C’est exact. Il n’y a rien de plus frustrant pr moi que lorsque ma peau est lisse 😅 et je trouve tjrs quelque chose… même si il n’y a rien 😬 pr assouvir ma crise… c’est triste 😭 « 

 

  • « Un médecin me l’a un jour prescrit ado et ce médicament m’a détruis aussi bien physiquement que moralement. Aujourd hui je me retrouve avec d’affreuses cicatrices, d’autant que ce fameux « médicament miracle » m a été donné lorsque j habitais en Guadeloupe sous le soleil, condition apparement à éviter à tout prix avec ce fameux Roaccutane. La peau au niveau des muqueuses et notamment au niveau des lèvres avait complètement séchée. Aujourd’hui ces cicatrices ne se sont jamais estompées et psychologiquement c’est encore très dur… »

 

  • « Difficile question. J’ai pris du roaccutane après avoir pris la pilule diane 35 pendant plusieurs années. Elle m’avait été délivrée par un dermatologue pour atténuer mon acné qui finalement n’était pas si terrible que ça aujourd’hui avec du recul. Puis quand j’ai voulu arrêter cette pilule, grosse perte de cheveux, acné +++++, plus de menstruation, mon médecin ne trouvait rien d’anormal et moi j’étais désespérée. Donc en cherchant toute seule, j’ai fini par trouver quelques articles, à l’époque, on ne trouvait pas autant de choses à ce sujet. Rdv pris avec une gynécologue qui m’a trouvé un dérèglement hormonal. J’étais tellement mal que le dermatologue m’a prescrit du roaccutane, ça m’a aidé malgré les gros effets secondaires mais ça n’a pas tout résolu puisque j’ai une acné hormonale. En fait, j’avais une hormone en trop et parfois certaines personnes ne réagissent pas à cet hormone et d’autres bcp ce qui peut provoquer de l’acné etc …. j’ai toujours de l’acné aujourd’hui mais quand j’en ai moins force est de constater que je ne me gratte quasiment pas. Ce serait à refaire, je ne prendrais pas cette pilule qui n’a pas aidé et laisser l’adolescence passer avec l’acné etc mais je crois qu’un soutien psychologique à cet âge et dans ce cas là peut-être vraiment important. »

 

Qu’en pensez-vous de votre côté ? Certaines personnes ici ont eu recours à ce traitement ou y pensent ?

 

♥️ Post Instagram @peau.ssible

Previous post La règle des 3A : après une crise de dermatillomanie
Next post Pansements hydrocolloïdes : une astuce cicatrisation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *