Mon histoire

Ce n’est pas facile d’en parler, de partager des photos. De dévoiler cette part de moi que j’ai longtemps gardé cachée. Mais finalement pourquoi en avoir honte ? Cela fait partie de mon histoire, de ce que je suis aujourd’hui ! Et la guérison passe aussi par l’acceptation…

Après avoir souffert de dermatillomanie pendant 15 ans, j’ai aujourd’hui envie de partager tout ce que j’ai découvert pendant ces 15 ans de « lutte », tout ce que j’aurais aimé savoir plus tôt et comprendre sur ce trouble. Tout ce qui a fonctionné et n’a pas marché, et comment j’ai fait pour finalement me libérer de ce trouble si lourd à porter au quotidien… J’aimerais vous aider à avancer aussi, à mieux connaître votre derma pour l’apprivoiser et finalement vous en détacher !
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Qui suis-je ? Je trouvais important de vous en dire un peu plus, pour que vous puissiez aussi mettre une « histoire » sur ce projet…⁣ ⁣ ⁣
📝 J’ai 29 ans, je suis Grenobloise et vis sur Paris. Je suis qqn de plutôt « normal ». Après une classe préparatoire HEC et des études de commerce (école de commerce EM Lyon et un double master à Sciences Po Lyon en Communication), j’ai rejoint une startup dans laquelle je m’occupais de la Communication et du Contenu,  puis je me suis lancée à mon compte. Aujourd’hui j’ai mon entreprise de Stratégie en Communication & Rédaction. J’adore cette vie de Freelance qui me permet de travailler sur différents projets, avec différents clients, et d’être libre !⁣⁣⁣

📛 Ma derma a commencé au collège vers 11-12 ans avec l’arrivée de l’acné. On ne saura jamais vraiment pourquoi elle s’est installée mais j’ai voulu comme « supprimer cette acné » qui m’a tant gênée, qui arrivait au moment où je prenais conscience de mon image et qui détruisait mes plans de vouloir tout faire « bien » et maîtriser mon apparence… Je me revois, quand j’étais au collège, développer petit à petit une obsession autour de ma peau. Je pouvais passer plusieurs heures dans la salle de bain à scruter ma peau et le moindre pore. Petit-à-petit, au-delà de juste vouloir “enlever” mes boutons, croutes, points noirs ou autres, j’ai développé en fait un “rituel” que je connaissais par coeur, qui m’apaisait intérieurement sur le coup, mais avait de lourdes conséquences physiques et psychiques.

💥 Doublée d’une grosse pression (perfectionnisme, peur de l’échec, fort esprit de compétition via le sport, les études, ambition etc) et d’une difficulté (familiale) à exprimer mes émotions, la derma est finalement devenue mon refuge pour évacuer tout ce que j’accumulais à l’intérieur…⁣⁣⁣

dermatillomanie-peaussible
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🤷 Ca n’a toujours concerné que le visage chez moi, jamais le corps. J’ai porté du maquillage tous les jours pendant près de 13 ans !⁣ Même pour le sport, pour la piscine, tout… Impossible de me montrer sans, avec tout le stress que ça occasionne dès qu’on ne dort pas chez soi etc… Angoissée de la vie, je stressais pour rien, faisais une montagne de tout et vivais littéralement « dans une to-do liste » pour apporter toujours plus de contrôle à ma vie et ne pas permettre à ma propre spontanéité de s’exprimer.⁣⁣ Mon entourage ne s’en rendait pas vraiment compte. C’est justement ce qui est le plus dur avec ce trouble. On est beaucoup à avoir de l’acné à l’adolescence. Alors tout le monde pense qu’on a “juste” une peau à problème. Mais ce dont ils ne se doutaient pas, c’est que si je laissais vraiment ma peau tranquille, je n’avais quasiment rien… J’étais la seule à me créer tout cela. Parfois mes parents remarquaient que je passais beaucoup de temps dans la salle de bain, mais pas de là à penser que j’étais en train de développer un trouble obsessionnel… De toute façon, même moi je ne le savais pas…

Seulement, au bout d’un moment je me suis dit que ce n’était pas normal de faire cela… Soit j’étais folle, soit il y avait une explication ! Dès que je rentrais chez moi le soir ou alors juste avant de me coucher au moment de me démaquiller, j’allais dans la salle de bain pour “vérifier” ma peau. J’allais voir comment était ma peau, si j’avais des imperfections ou pas. J’observais tout dans les moindres détails et partais à la quête de la moindre imperfection pour “l’enlever”.  J’ai pu passer jusqu’à 3h dans la salle de bain, sans voir le temps passer. Juste dans une espèce de “transe”, de “semi conscience” en mode déconnectée, focalisée sur ce que j’étais en train de faire. Comme si mon cerveau se mettait sur OFF. Et puis au bout d’un moment, je sors de cette transe et je réalise les “dégâts”. Les pensées arrivent alors en rafale et on se dit : “merde qu’est-ce que j’ai fait. Comment je vais faire pour sortir demain, qu’est-ce que je vais raconter pour expliquer ça etc”… Et c’est le cercle vicieux de la culpabilité qui s’enclenche…  Alors j’ai commencé à faire des recherches. C’était un peu les débuts d’Internet ! On avait un vieux PC fixe à la maison. Il n’y avait pas grand chose mais je suis tombée sur des forums et j’ai découvert le terme dermatillomanie, et le fait que je n’étais ni seule ni folle… Ca a déjà été un premier soulagement !

🚀 Vers 25 ans, j’ai commencé à vouloir VRAIMENT m’en sortir. Et là j’ai mis en place plein de choses…  J’ai lu beaucoup de choses sur le développement personnel, l’estime de soi, le cerveau, l’anxiété, le corps humain… Je suis allée voir toutes sortes de praticiens en médecine douce (psychoénergeticiens, naturopathes, hypnotiseurs, sophrologue etc) et psychologues. Ce sont les thérapies qui m’ont le plus aidée à comprendre OÙ étaient mes blocages, quelles étaient mes blessures, mais aussi QUI j’étais tout simplement… Un changement s’est alors opéré progressivement en moi, dans mon corps (avant de se passer dans ma tête). Jusqu’à une guérison totale de ce trouble qui m’avait tant fait souffrir… Pour autant, je vois la guérison comme quelque chose de très holistique et complet. Pas seulement psychologique mais aussi corporel, lié à l’hygiène de vie, et secondé de vrais exercices concrets à effectuer et changements d’habitudes. J’ai changé mon alimentation, modifié mes routines et mon rythme de vie. Mis en place des petits exercices simples. J’ai ralenti le rythme et fait baisser la pression générale. Et j’ai surtout appris à m’accepter comme je suis et à comprendre que ma valeur ne se résumait pas à mon apparence… Petit-à-petit, j’ai construit ma « boîte à outils », mes rituels, pour être plus forte face aux envies de grattages. J’ai appris à apprivoiser la maladie, à mieux la comprendre. Si je devais résumer ce qui m’a aidé à m’en sortir c’est de travailler sur 3 choses distinctes :⁣
1. Changer mon rapport à moi⁣
2. Déconstruire les habitudes & pensées liées à la derma⁣
3. Soigner ma peau⁣
Mais surtout : y croire, avoir envie de m’en sortir et tout faire pour y arriver ! Essayer des choses, changer mes schémas de vie / de pensée, mettre en place de nouvelles habitudes… Tant qu’on répète les mêmes schémas, rien ne changera… On est obligé de passer par des phases difficiles, où on change des choses, même si on n’a pas envie…⁣

dermatillomanie-peaussible
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Aujourd’hui je reste vigilante car la derma n’est jamais loin, mais je sais la reconnaître quand elle arrive et lui dire gentillement que je n’ai plus besoin d’elle…⁣ Les crises se font extrêmement rares et surtout : la dermatillomanie ne me GOUVERNE plus, je me sens si libre, comme enfin moi-même et heureuse.
>> J’ai décidé d’écrire un livre pour partager ce que j’ai appris, que ça puisse aider d’autres personnes à s’en sortir et faire connaître la dermatillomanie…

Sortie prévue : novembre 2020

livre-dermatillomanie-peaussible
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En attendant, vous pouvez me retrouver sur mon compte Instagram dédié à la dermatillomanie : @peau.ssible.