« Plus je touche à ma peau, moins je vais bien. Moins je vais bien, plus je me renferme sur moi-même ».

Des anonymes m’ont envoyé leur témoignage, leur histoire, des bouts de vie qu’ils ont partagés avec la dermatillomanie. Plongée intime dans les origines de leur mal-être et la manière dont ce trouble s’est développé en eux….

 

Bonjour à toutes, j’ai 32 ans, et voilà maintenant 2 ans et quelques mois que j’ai arrêté la pilule.

Suite à cela, j’ai commencé à avoir de l’acné, acné toute à fait normale puisque je n’en ai jamais eu auparavant. Au même moment, je me suis séparée de mon copain après 4 ans de relation totalement destructrice pour moi et j’ai quitté mon boulot à Paris.

Avec du recul et beaucoup de réflexion je pense que le mot « séparation, abandon, et rejet » suite à cette séparation a réveillé de vieux souvenirs d’enfance qui ont fait que j’ai commencé à me faire du mal.

D’abords toucher à ma peau, et par la suite à mon maillot. En effet, me concernant il y a 2 zones ou je me fais du mal car oui on parle ici de se faire du mal. Au début, je ne touchais ces parties là qu’avec mes mains, et ensuite j’ai commencé à utiliser des objets (aiguilles, coupe-ongles, pince a épiler). Chaque crise peut durer de quelques minutes à quelques heures (voir 4/5 heures) ou je suis dans une autre dimension, aucune notion du temps, aucune limite.

Je souhaite juste que cela sorte, les impuretés que je m’imagine sur ma peau, les impuretés que je scrute au millimètre devant mon miroir. Voir du sang couler de mon visage et de mon maillot me fait aussi du bien, pourquoi ? Je ne sais pas mais je réalise les dégâts seulement après ou le lendemain matin.

Et la, la culpabilité en ressort, un cercle vicieux en fait. Plus je touche à ma peau, moins je vais bien. Moins je vais bien, plus je me renferme sur moi-même et surtout beaucoup de négativité dans ma tête.

Des pensées noires, beaucoup d’agressivité envers moi-même, beaucoup de méchanceté aussi par rapport au jugement que je me porte. On se dit qu’on est fout, qu’il suffit juste de ne pas y penser mais rien à faire, les crises s’enchaînent.

Le soir, j’en était même arriver à me démaquiller dans le noir, prendre ma douche et ne pas me regarder dans le miroir tellement mon image de moi-même était difficile à regarder, à assumer, et à accepter.

Consulter des spécialistes, je pense que j’ai fait le tour. Sophrologue, acupuncteur, psy, magnétiseur, tout le monde y est passé.

En étant honnête, mes GROSSES crises se sont calmées depuis peu de temps. Mais j’ai toujours cette peur et cette angoisse constante de recraquer et de me défigurer à nouveau. J’ai rencontré quelqu’un depuis peu qui m’aide énormément, et qui est au courant de tout à ce sujet. Je commence à me montrer devant lui sans maquillage ce qui me paraissait totalement naturel auparavant et qui me paraît à ce jour insurmontable.

Je travaille énormément sur mes angoisses, sur mon enfance car je pense que cela est dû à un traumatisme quand j’était enfant. J’ai commencé à mettre des mots sur ces pulsions destructrices mais pas vraiment de solutions avec un impact réel.

Camille m’a beaucoup aidée.. et ses précieux conseils sur le compte instagram @peaussible m’ont permis d’analyser certains de mes actes et surtout de trouver d’autres personnes qui sont dans la même situation que moi.

Je pense qu’en parler à mon entourage a été un grand pas pour moi et m’as fait beaucoup de bien.

Je souhaite partager mon expérience avec vous car l’écrire est aussi un moyen d’avancer pour moi et de mettre des mots sur des actes incontrôlables.

Accepter, et surtout avancer (sûrement mais lentement) pour ne plus se faire du mal mais donner beaucoup d’amour à notre corps et notre esprit.

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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