« J’ai grandi avec ce trouble. Tout a commencé quand j’ai découvert mon homosexualité. J’étais en 5e au collège ».

Des anonymes m’ont envoyé leur témoignage, leur histoire, des bouts de vie qu’ils ont partagés avec la dermatillomanie. Plongée intime dans les origines de leur mal-être et la manière dont ce trouble s’est développé en eux….

 

Bonjour je suis une jeune fille de 21 ans et suis atteinte de dermatillomanie depuis mes 13 ans, soit depuis 8 ans. Et oui, on peut dire que j’ai grandi avec ce trouble.

Tout a commencé quand j’ai découvert mon homosexualité.  J’étais donc en 5ème au collège. A cette époque j’avais très peu confiance en moi, ça ne se passait pas forcément bien pour moi au collège … donc ça n’a rien arrangé à mon anxiété. Je me triturai la peau jusqu’à 1h tout les soirs devant mon miroir tout en me ressassant des  scénarios les plus catastrophiques possibles où tout le monde me délaisser, me juger … vous voyez le topo.

A partir de la 3ème et jusqu’en 1ère année d’étude supérieure ça allait plutôt bien dans ma vie sociale mais mes crises continuaient quand même. Elles s’étaient même intensifiées. J’y passais 1h30 à 2h00 par jour et j’avais en permanence mes mains qui inspectaient mon dos, mon visage à la recherche de la moindre imperfection. Ce trouble prenait de plus en plus de place dans ma vie car il me suivait même quand j’étais en cours, avec mes amis, ma famille … Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à mes problèmes, à mes imperfections.

On peut dire que j’ai vraiment touché le fond de la piscine en 2ème année d’étude supérieure. Mes crises me prenaient cette fois jusqu’à 3h00 par jour, j’étais incapable de réviser car mes anxiétés prenaient le dessus et ça finissait toujours en séance de grattage. Mon corps était entièrement marqué. Je n’arrêtai pas de m’arracher les croûtes me faisant souvent saigner en cours ou lorsque que j’étais à table … J’en suis même arrivée à avoir une conduite alcoolique afin de me soûler, d’arrêter de penser, et de pouvoir aller dormir. Mais quand on a touché le fond de la piscine, il suffit de donner un coup de pied pour remonter !

Le mois de mes 20 ans j’ai contacté une pyschologue qui m’a aidé à faire le plus gros du travail. Avec elle j’ai arrêté de toucher à la boisson, et j’ai réussi à parler à ma famille de tout ça (mon homosexualité, mon trouble). Rien n’était encore gagné mais j’étais déjà en train de remonter à la surface. Pendant toute ma 3ème année j’ai plus ou moins réussi à me gérer seule, j’ai replongé plusieurs fois mais à la différence des années passées j’en parlais à mes proches et cela m’aidait à redevenir maître de moi même. A la fin de l’année scolaire je suis allée voir un psychiatre que l’on m’avait fortement recommandé. Avec lui j’ai entamé (et je continue toujours) une thérapie cognitivo-comportemental en parallèle d’une prise d’anti dépresseur.

Il m’a également conseillé de faire des séances de méditation quotidiennes afin de me reconnecter avec la réalité et de ne plus être dirigée par mon anxiété. J’avais un peu de mal à m’y tenir car mes études me prenaient beaucoup de temps. En revanche j’ai mis en place plusieurs techniques à court terme qui m’aidaient et qui m’aident encore quand j’ai une crise. Tout d’abord, quand je suis en crise, que je n’arrête pas de me triturer ce fameux petit bouton dans le dos, je m’assoie, je mets mes mains sous mes cuisses et je fais quelques respirations forcées jusqu’à ce que la tension disparaisse. Ensuite, et ceci est une astuce à pratiquer au quotidien, je prends soin de moi. Avant, j’avais tendance à me laisser aller, à ne pas me faire belle car de toute façon belle je ne le serai jamais avec toutes ces cicatrices … Mais au contraire ! Quand tu commences à changer de coupe, t’acheter des beaux vêtements, te faire de beaux maquillages pour celles et ceux qui sont adeptes du pinceau et du fond de teint, tu te regardes dans le miroir et tu te dis : « Je suis belle, j’en vaux la peine, je suis beaucoup plus que cette maladie ».

Pour conclure à l’heure où je vous écris, mes anxiétés ont complètement disparues. Je n’ai plus que une ou deux crises par semaine et encore elles ne durent que quelques minutes. Je suis actuellement en 4ème année, je prépare le concours pour devenir professeure des écoles et depuis quelques mois je n’ai jamais été aussi heureuse.

Je sais que ce témoignage est un peu long. Mais le message final à retenir est : NE LAISSEZ JAMAIS TOMBER, vous êtes beaux et belles, vous en valez la peine et vous êtes plus que cette maladie ! 

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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