« Nous ne savons plus comment l’aider. Pourquoi elle ne manque de rien. Est-ce de notre faute ? »

Bonjour, je vous transmets mon témoignage en tant que grande sœur.

Bonjour à tous,

Ma petite sœur de 23 ans est atteinte de dermatillomanie depuis plus de 4ans. Au début ont mettait cela sur compte  de l’acné qui la gênait sauf que désormais  elle n’a plus d’acné mais elle continue à se faire du mal sur le visage, les bras, le dos.  Avant de connaître ce compte Instagram j’ignorais que cette pratique avait un nom et que c’était même une maladie, une addiction. Nous sa famille , la voyons se gâcher la vie avec tellement d’impuissance. Elle est étudiante, elle est perfectionniste comme ce que vous décriviez, elle est introvertie et son visage est franchement défiguré à cause de toutes ces cicatrices qu’elle se fait. Quand on ne la connaît pas on s’imagine qu’elle a une maladie de peau alors que non, c’est elle qui s’inflige ses plaies. C’est horrible de dire ça de sa sœur..je l’adore  mais elle se défigure complètement à sang! Nous ne savons plus comment l’aider. Elle refuse la psychothérapie. Maintenant qu’elle est en stage en entreprise, l’image qu’elle reflète d’elle est encore plus importante qu’avant, cela l’handicape encore plus et la conséquence est qu’elle a plus de cicatrices qu’avant : c’est un vrai cercle vicieux.

Pourtant elle est belle, cultivée, elle ne manque de rien, nous lui avons toujours donné de l’amour et du soutien. Je ne sais pas comment elle en est arrivée là, est ce de notre faute? Comment la convaincre de se faire aider?

C’est devenu un sujet tabou à la maison, elle minimise son état devant nous et se referme dès qu’on aborde la question.

Au début (il y a plusieurs années ) , je voulais vraiment avoir une discussion profonde avec elle..et je cherchais à amorcer la discussion. Alors une fois lorsqu’elle a saigné du visage , je devinais qu’elle venait d’y toucher et  j’en ai alors profité  pour lui faire la remarque : < oh regardes attention tu saignes ici >…une façon pour moi juste d’amorcer une discussion sur le sujet ..

Sauf qu’en prononçant cette phrase et tout en lui montrant du doigt la où ça saignait, sa réaction fut violente : elle a pris  ma main pour la balancer vers moi et m’a répondu sèchement  < je sais tu n’as pas besoin de me le dire. Cela m’a blessée.. je voulais juste l’aider.

Cela m’a même fait pleuré. Cela remonte à des années et je m’en souviens encore. Alors je n’ai plus JAMAIS osé lui parler de ça…

Je lui  donne de temps en temps des crèmes que j’achète pour hydrater sa peau etc..elle comprend indirectement pourquoi je lui offre mais on n’en parle plus . Ma mère a plus de facilité à en parler avec elle, elle a plus d’autorité elle joue sur ´promets moi de ne pas toucher ton visage ´…

A lire tous vos articles on était à côté de la plaque depuis le début. Je vous assure que cette maladresse qu’on a nous l’entourage c’est une forme de souffrance qu’on éprouve aussi .

C’est pour cette raison que je n’ai pas osé l’appelé aujourd’hui..j’ai peur qu’elle me re blesse. Je me contente de lui envoyer les liens et j’attends.

En tout cas grâce à Peaussible je culpabilise moins par rapport à elle, sa maladie.

Je pensais que c’était de la scarification pour nous appeler à l’aide, ou nous montrer qu’elle était en dépression.

En fait c’est un TOC, une compulsion, une addiction et ça change tout.

C’est comme arrêter le tabac ou l’alcool.

Il faut que la personne accepte toute seule d’arrêter.

Alors merci 🙂

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

Vous souhaitez raconter votre histoire ?  Contactez-moi via la rubrique « Contact » de ce site !

Previous post Dermatillomanie : témoignage N°27
Next post Dermatillomanie : témoignage N°29

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.