« Mon père frappe. J’ai commencé à me gratter le dos. J’aimais la sensation. Voir du sang sur mes mains, c’était une façon de me punir d’être née »

D’abord je vais commencer par vous mettre dans le contexte. Je vis dans une famille maghrébine,qui dit parents arabes dit parents « qui frappent ». Clairement c’est l’un des pires clichés, mais malheureusement moi j’ai un père qui frappe.

Je vais commencer par ma naissance. Je suis née et jusqu’à mes 5ans j’ai vécue avec ma mère chez mes grands parents. Mon père je le vois simplement comme mon géniteur. Les 5ans passées il est revenu et c’est remis avec ma mère. J’ai toujours été le centre d’intérêt de mon père, puis mes 2 frères sont arrivés et ma petite sœur.

En grandissant j’ai été oppressée par mes frères. Je n’avais plus de vie, je devais toujours les avoir avec moi. Puis on a déménagé dans une autre ville, j’ai dû me reconstruire une vie sociale.

Mon père à donc eu une charge énorme, car la maison où l’on a aménagée avait besoin à plusieurs travaux, il travaillait de nuit et était toujours fatigué. Ma mère avait repris le travail et je jouais le rôle de mère à 10ans.

À cause de la reprise de ma mère, mon père commençait à devenir très jaloux, possessif et nous frappaient plus que d’habitude. Plusieurs fois j’ai eu des marques, ma mère ne pouvait rien dire car elle se fesais frapper elle aussi.

Après 2ans de vie commune dans cette maison, avec un père qui nous frappaient à la moindre occasion ma mère à décidée de divorcé un chapitre très dur. Ma mère était tombée en dépression et je devais la tenir debout, l’aider et faire de mon mieux. Mais au final j’ai sombré avec elle. Tandis que mon père lui continuait sa vie. Il s’était remarié, sans que je le sache et que je connaisse ma belle mère. Pendant presque deux années je n’ai plus parlée à mon père, je ne voulais pas. C’était une trahison pour moi.

J’ai donc commencée à me grattée le visage rien de méchant et à ce moment là j’ai appris que mon père allait revenir avec ma mère. Et c’est la que j’ai vraiment commencée à me tuer le dos. J’aimais la sensation. J’aimais voir du sang sur mes mains, c’était une façon de me punir d’être née. Mon dos n’était pas suffisant alors j’ai commencé vers le haut de ma poitrine. Puis mon visage mais par parcimonie. Je ne touchais que les zones couvertes. Aujourd’hui encore je continue, je n’arrive pas à en finir. Ça a commencé il y a 1 an et demi. Et pendant longtemps, personne ne savait ce que je me faisais. Je pensais que c’était normal juste de l’acné mais j’ai remarqué que ça n’était pas ça. Alors j’ai cherché sur le net, j’en ai parlée à ma mère. Elle me disait que ce n’était que de l’acné que ça allait partir.

Mes amies ont été mise au courant il y a quelques mois. Mon père disait la même chose que ma mère.

Puis un jour j’ai éclatée, il y a 1mois exactement. J’en ai eu marre car ma dermatillomanie m’a créé cette boucle, il en fallait toujours plus je m’arrachais les croûtes. Je m’inventais des boutons et ça n’a jamais suffit. J’ai commencé à me couper. Parce que revoir mon père à la maison était un supplice. Je passait mon temps à pleurer.

Donc j’ai décidée d’aller voir l’assistante social je lui ai expliqué. Elle a pu faire comprendre à mes parents que j’avais un toc et qu’il fallait que j’aille voir une psychologue pour pourvoir être mieux.

Le confinement est un énorme point négatif car étant insomniaque depuis petite, je ne peux pas faire grand chose de mes nuits ce qui fait que je me gratte beaucoup plus que d’habitudes. Je reste toujours dans la peur que mon père redevienne violent. J’ai un père très toxique et très fermé d’esprit ce qui m’énerve énormément. À côté de ça ma mère ne place aucun mot. Mais ça c’est une autre histoire.

Malheureusement à cause du confinement je ne peux pas prendre rdv avec une psychologue. Mais après cette période j’irais la voir. J’aimerais pouvoir sortir avec des hauts à épaules dénudée sans que je me soucis des autres, en été je lâche mes cheveux pour que ça ne se voit pas. Sauf que maintenant c’est vers ma poitrine aussi. Et il va falloir que j’assume toutes mes cicatrices une par une.

Enfin voilà j’espère un jour pouvoir m’assumer et bouger, mettre une veste sans avoir mal et faire des grimaces.

Voilà c’était tout pour mon témoignage je ne dirais pas mon prénom par peur que quelqu’un que je connais tombe dessus. J’ai 13ans. 🙂

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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