J’essaie d’être la plus parfaite possible pour ne pas donner aux autres la possibilité de me juger. Et lorsque je ne me sens pas parfaite, je me dévalorise moi-même.

Mon défi : apprendre à m’aimer.

J’ai 23 ans. J’ai choisi après mon bac de m’orienter vers le secteur social pour finalement tout arrêter au bout de cinq ans juste avant la fin. J’ai saturé de la charge de travail au quotidien et de la pression que je m’infligeais. Pendant mes études, je n’ai pas beaucoup écouté et agis en fonction de mes besoins et de mes limites.  Mon côté perfectionniste avait pris énormément de place dans ma vie, et au final a pris un gros coup. Ce n’est pas dans mes habitudes de lâcher un projet avant la fin. C’est une décision que j’ai été contrainte de prendre car j’étais au bout du rouleau, épuisée mentalement. J’avais du mal à exprimer ce que je vivais, mais heureusement les formateurs qui m’entouraient ont été bienveillants et m’ont aidé à accepter la situation. Je ne pouvais plus continuer, il fallait que je fasse une pause.

Pourtant, je me suis énormément dévalorisée suite à cette décision. Je me disais que j’étais nulle et incapable d’aller au bout des objectifs que je me fixais.

J’ai eu une période de remise en question et de « repos forcé » qui m’a permis de me poser et de prendre du temps avec moi-même.

Ce n’était pas tous les jours facile car mon mental s’emballe très vite et j’ai tendance à beaucoup réfléchir mais je me rends compte aujourd’hui que c’est une situation qui m’a permis d’évoluer positivement. Maintenant, j’ai pris conscience des deux grosses leçons de ma vie jusqu’à présent : le droit à l’erreur et écouter mon ressenti. Ca a déjà réellement changé ma vie. Je fais des petits efforts au quotidien pour me sentir mieux avec moi-même. Après mon arrêt de formation j’ai trouvé du travail dans un bar en tant que serveuse et j’aime mon métier qui me permet d’être moi-même, d’apprendre à prendre de la distance avec les remarques des clients, d’apprendre à m’affirmer et d’apprendre la rigueur et non la perfection. J’ai aussi compris que j’avais très souvent envie de répondre aux attentes des autres mais au détriment de mes propres besoins et limites. Là aussi ce travail me permet d’apprendre à dire « non », à faire patienter les clients parce que « je suis comme toi, j’ai que deux mains et un cerveau ».  Le fait d’être bien dans mon boulot m’a redonné beaucoup d’énergie et me permet d’avancer sur la résolution des problèmes qui me gâchent la vie depuis un moment. Notamment la dermatillomanie. J’ai mis du temps à mettre un mot sur cette mauvaise habitude que je niais et ne voulais pas regarder en face.

Je ne me souviens plus exactement depuis quand j’ai ce trouble. Il s’est installé progressivement. Depuis petite, j’ai un rapport compliqué avec ma peau. Je me souviens d’entendre ma mère me dire régulièrement « Je suis désolée, tu aurais pu avoir la belle peau matte de ton père mais, pas de bol, tu as hérité de ma peau claire. » J’ai pris cette remarque au tout premier degré et j’ai ressenti une profonde dévalorisation concernant ma peau. Aujourd’hui, je ne pense pas que c’était l’intention de ma mère de me faire ressentir ça. Alors j’essaye petit à petit de lui pardonner. Ca s’est ensuite accentué avec les publicités à la télévision qui prônent « l’idéal » de la peau bronzée et les remarques de mon entourage « J’ai la peau plus bronzée que toi ! ». Ma peau est devenue pour moi une fragilité, un nid à phrases dévalorisantes de la part des autres. Evidemment, je pense que personne n’a cherché à me blesser directement, mais peut-être d’accentuer leur amour propre au travers d’un type de peau socialement valorisé, ou pour d’autres raisons que je ne connais pas. Malgré tout, j’ai entièrement donné mon accord à ce type de parole et j’ai finis par détester ma peau. J’aurais aimé savoir, à ce moment-là, que j’aurais pu choisir d’aimer ma peau telle qu’elle est. Aujourd’hui, je suis parfois prête à prendre des coups de soleil, à maltraiter ma peau pour atteindre cet idéal de peau bronzée qui n’est finalement qu’éphémère. Après l’été, ma peau redevient blanche et je me remets à la détester. Est-ce que je suis réellement censée accepter de vivre en conditionnant mon bonheur et mon amour propre au fait que ma peau sois bronzée ? Je n’ai plus envie de ça. J’ai envie et besoin de me libérer de cette façon de penser à laquelle j’ai donné trop d’importance.

Ensuite, vers 11-12 ans, j’ai commencé à avoir des boutons d’acné. C’était quelque chose que j’acceptais bien au début. Je me disais que je n’étais pas la seule et que ce n’était pas une fatalité. Sur cette même période d’apparition de l’acné, j’ai fais ma communion. Ma mère est très perfectionniste et surtout stressée à l’idée de recevoir du monde à la maison. Elle s’est démenée pour tout organiser. Avant ça, elle m’avait acheté une eau nettoyante contre l’acné. Mais je ne pensais pas à en mettre régulièrement car ça ne me dérangeais pas vraiment d’avoir des boutons. Ma mère, dans un de ses coups de panique des préparatifs a regardé mon visage un instant et m’a reprocher de ne pas avoir mis régulièrement ma lotion, « comme ça je n’aurais pas eu de boutons pour ma communion ». Ma communion qui se devait d’être un jour « parfait ». Ce reproche m’a énormément blessée.

Pour la première fois, j’ai pris conscience que l’acné pouvait dégoûter les autres. En plus, j’en ai déduit que c’était de ma faute si j’avais des boutons. Que je passais pour une personne négligée. Après ça, j’ai commencé à observer mes boutons, à en faire une fixette. Je mettais régulièrement ma lotion, mais mon acné était de plus en plus importante. Ou peut-être que c’est moi qui y attachais de plus en plus d’importance ? Dans tous les cas, au bout d’un moment, voyant que les produits ne montraient pas de résultats satisfaisants à mes yeux, j’ai décidé d’éradiquer mes boutons d’acné… manuellement.

Et c’est là que le cercle vicieux à commencé. Parce qu’en plus de l’acné, j’avais des points noirs et des poils incarnés. Et ensuite, la moindre imperfection de ma peau est devenue insupportable. Au début, je « savais » pourquoi je le faisais : avoir une peau « parfaite », car je ne supporterai pas de « donner » une autre possibilité aux gens de me dévaloriser au travers de ma peau. Après le complexe d’avoir une peau trop claire, le complexe des boutons en plus, ça ferai trop pour moi. Et petit à petit, les crises de triturage, repérage, arrachage avec mes ongles ou une pince à épiler sont devenues de plus en plus incontrôlables. Jusqu’au point ou je me rendais compte seulement au bout d’une demi-heure ou d’une heure que je le faisais. Et ça crée des situations difficiles avec mon entourage : « Hey, pourquoi t’es toujours à la bourre ? » Heu… Je ne suis pas sûre d’avoir envie de t’expliquer tout en détails là…  Et comment je peux réussir à t’expliquer quelque chose que je ne comprends pas moi-même ? Prendre le risque que tu me prennes pour une folle et que tu me rejette ? Non merci. Il se passe tout ça dans ta tête, accompagné d’un sentiment de stress fort et en une demie seconde tu trouves une excuse bidon ou tu esquives le sujet. Ouf… ça passe. Mais j’ai menti… Je suis obligée de me cacher, de ne plus être spontanée et naturelle, alors je m’aime encore moins et je culpabilise.

J’ai également tendance à rougir facilement, et j’ai du mal à l’accepter, ce qui ne m’aide pas vraiment à aimer ma peau. J’anticipe régulièrement le fait de rougir en public et surtout ce que les gens peuvent en penser. Ou pire, ce qu’ils vont dire : « Oh ! Elle est toute rouge ! ». J’ai beaucoup de mal à accepter que des personnes rient du fait que je sois gênée ou que j’ai honte. Ca me met généralement en colère mais je garde tout pour moi. Je me dis que ça limite la casse et permet de changer de sujet rapidement. Les rares fois où j’ai essayé d’expliquer aux gens que ça m’arrangerais qu’ils ne fassent pas la remarque que je rougis car ça rend les choses encore plus compliquées pour moi, ils n’ont pas essayé de comprendre et on continuer. Alors je me suis dis que ça ne servait à rien de l’expliquer. Mais j’arrive petit à petit à changer mon attitude. Maintenant ça m’arrive de dire en rigolant « Chacun sa couleur de peau » ou d’autre traits d’humour en rapport avec le contexte. Et ça j’y arrive quand j’accepte intérieurement mes rougissements. Je suis contente de cette amélioration qui se fait pas à pas.

Je suis une personne réservée et méfiante envers les gens et leurs jugements depuis petite. J’ai tendance à prendre à cœur les réflexions des autres sur moi, mon attitude et mon comportement. Du coup, j’ai souvent  du mal à prendre ma place par peur d’être rejetée. Ca m’arrive d’écrire le soir les choses qui m’ont contrarié dans la journée. Je me rends compte que j’ai beaucoup d’émotions fortes et de peurs que je garde à l’intérieur. Des choses que je n’exprime pas. Je me sens régulièrement stressée. Je donne souvent plus de valeur aux autres qu’à moi-même. J’ai l’impression d’accumuler des choses au fil des années sans jamais rien lâcher. J’essaye d’être la plus parfaite possible pour ne pas donner aux autres la possibilité de me juger, de me dénigrer. Et lorsque je ne me sens pas parfaite, je me dévalorise moi-même, je m’accuse. Je me sens parfois dépassée par mes pensées. Je n’arrive plus à en gérer le flux et ça renforce mes peurs, mon mal-être. Après, chaque journée est différente mais ce sont des choses qui m’arrivent régulièrement. Et c’est fatiguant. Il y a d’autres moments où je me sens plus moi-même, je parle sans trop réfléchir à ce que les autres peuvent en penser, je dis des conneries, des blagues un peu pourries et j’en ris moi-même, je raconte ma vie, des situations drôles, je m’intéresse à la vie de mes proches, je rencontre des personnes que je ne connaissais pas. Pourtant, j’ai des amis et une famille bienveillante et aimante envers moi. J’ai beau le savoir ça m’arrive régulièrement de l’oublier. Comme si mes peurs m’empêchaient de voir la réalité, comme si je ne me donnais pas le droit d’être heureuse et bien dans ma vie.

Il faut dire que du point de vue des amis, je n’ai pas toujours été bien entourée. Lorsque j’étais en primaire, j’avais une meilleure amie avec laquelle je passais de bons moments mais qui avait tendance à me dénigrer, me dévaloriser. Je pense qu’elle aimait qu’on la regarde elle et ne voulait que je risque de lui faire de l’ombre. J’avais déjà à se moment là un tempérament « trop gentille », des difficultés à m’affirmer et une forte sensibilité aux regards et aux attitudes des autres envers moi. D’ailleurs, d’autres amis de la classe m’ont plusieurs fois fait remarquer ça. Ensuite, au collège, j’ai décidé de lui dire que je ne voulais plus faire partie de ses amis, qu’on n’était pas sur la même longueur d’onde. Les « clans » sont bien marqués au collège. Elle voulait faire partie des « populaires » et moi je savais que ce n’était pas ma place et je ne voulais pas faire semblant. Beaucoup de personnes m’ont jugé par rapport à ma décision mais je me suis vite sentie beaucoup mieux, plus libre, plus naturelle. J’avais des amies avec lesquelles je me sentais vraiment mieux. Mais ça n’a pas duré. Un jour je me suis faite insultée par un groupe de personnes. C’était une grosse humiliation pour moi. Me faire insultée, sans que je m’y attende. J’étais seule assise sur un banc et je n’arrivais plus à parler, j’étais choquée de ce qui m’arrivais. Plus ça allait, plus d’autres personnes se ralliaient au groupe. Beaucoup de personnes m’ont  vu et beaucoup de personnes en riaient. Après ça, je me suis énormément refermée sur moi-même. Cette situation n’est arrivée qu’une fois mais pourtant j’avais l’impression que tout le monde parlaient sur moi sans que je le sache. Chaque fois que quelqu’un était gentil avec moi, je ressentais un mélange de bien-être et de stress. Est-ce que c’est vraiment sincère ? Je me suis mise à remettre en doute toutes les relations que j’avais et à me détester encore plus. Je me disais que c’était de ma faute, après tout, s’ils m’ont insulté c’est qu’il y avait bien une raison. Aujourd’hui, je sais que je suis entourée d’amis positifs et bienveillants envers moi et, même si je ne leur en ai jamais parlé, ils m’aident beaucoup à avancer.

Le triturage a commencé par le visage. C’est la première zone de ma peau où j’ai eu des boutons. Je n’ai pas vu cette manie arriver alors j’ai du mal à me souvenir du moment où ça a dégénéré.

J’ai commencé à très mal vivre ce que je faisais et à en avoir honte au moment où je me suis attaquée aux bras. C’est là que j’ai commencé à perdre le contrôle et à être confrontée à l’incompréhension des autres : « Oh mais qu’est-ce que t’as aux bras ? C’est grave ? C’est contagieux ? ». Et l’incompréhension des autres faisait que je prenais en pleine tronche ma propre incompréhension de ce que je faisais.

Ensuite ça s’est étendu à d’autres parties de mon corps comme mes jambes, ma poitrine, mon dos et mes épaules. C’est devenu une activité quasi-quotidienne qui me permettait soit de ne plus penser à rien, de lâcher prise mentalement, soit à l’inverse, ça bouillonnait dans ma tête. J’oublie même que je me gratte la peau. Je n’ai plus conscience du temps qui passe, des risques d’infection des plaies et des conséquences sur mon apparence. Et au moment où la crise s’arrête, je culpabilise et n’accepte pas ce que j’ai fais. Ma peau que je voulais parfaite est finalement beaucoup plus moche qu’au début : « Mais je le sais pourtant que c’est deux fois pire à chaque fois ! ». Et comme je me sens mal, je renchaîne sur une autre crise dans la même soirée. « De toute façon, foutu pour foutu… » C’est un cercle vicieux. Je baisse les bras. Je le fais souvent dans la salle de bain ou dans ma chambre, plutôt le soir en fin de journée ou quand je m’ennuie. Mais ça peut aussi m’arriver en public lorsque quelque chose me stresse ou que je m’ennuie. Là en général je le fais dans le dos ou sur les épaules car c’est caché sous les vêtements. Au moins les autres ne voient pas ma peau se détériorer petit à petit et je n’ai pas à me justifier. Finalement les crises sont variées. Soit très intenses et longues, soit passagères et courte. Lorsque je suis seule ou lorsque je suis entourée.

Au final, la derma renforce mon dégoût envers ma peau et mon mal-être. Je perds du temps, je me sens obligée de le cacher aux autres donc ça me rajoute une peur et une anticipation du jugement des autres en plus. Je ne suis pas libre de m’habiller comme je veux. Par exemple, j’aime bien mettre des hauts dénudés au niveau des épaules et du dos parce que je trouve ça joli. Mais quand j’ai plusieurs plaies sur ses zones là, je renonce à mettre ces vêtements. C’est carrément frustrant du coup ! J’aimerai pouvoir porter ces vêtements que je trouve beaux et dans lesquels je me sens bien.

Un jour je me suis dit j’en ai marre, j’ai envie d’avancer en m’écoutant et en allant à mon rythme. En tout cas, ne plus rester statique dans cette situation qui me pèse beaucoup trop. Et trouver de vraies solutions aux problèmes initiaux qui ont généré la derma. Et les crises ont déjà diminuées sur certaines périodes. Il y a des parties de mon corps comme mes jambes et mes bras auxquels je ne touche pratiquement plus. Mais c’est vrai que la période des règles, les moments où je me remets beaucoup en question, les moments où je dois prendre des décisions (avec l’angoisse de ne pas choisir la bonne option), les grands changements de contexte (quand je vais en festival et que je vois beaucoup de monde tout le temps et que je me retrouve seule d’un coup en rentrant, les retours de vacances), dans ces moments là je fais des crises. Et là j’essaye de me rappeler de continuer à valoriser mes efforts et ne pas me dénigrer entièrement même si le problème n’est pas encore réglé. Je me suis rendu compte que j’ai tendance à me sentir mal, stressée lorsque j’entame un projet ou que je me fixe un objectif tant qu’il n’est pas atteint. Là aussi ça me permet d’apprendre à changer d’attitude et de valoriser les petites étapes et les petits efforts qui permettent d’avancer. Et là où c’est quand même chouette c’est que ce changement de point de vue que je m’entraine à adopter par rapport à la derma, je peux l’adopter dans d’autres domaines de ma vie, et ça m’aide à les atteindre et à me sentir mieux.

Ce qui m’a le plus aidé à avancer sur la derma et sur mon bien être en général c’est le fait d’apprendre à me connaitre, à m’accepter et à m’aimer. La connexion à mon propre ressenti, s’écouter, accepter ses émotions, ses faiblesses, ses peurs, ses propres pensées dévalorisantes, ses schémas de pensée négatifs, ses valeurs : c’est une énorme ressource ! Ne plus croire que la seule façon d’apprendre à me connaitre, c’est d’écouter le point de vue des autres à mon sujet. Je me rends compte que dans mon parcours, écouter ce que les autres pensent de moi m’a plus desservi qu’autre chose. Pourtant, c’est quelque chose de pas évident car cela demande de se regarder en face et ça demande pas mal d’énergie pour ma part. Mais je sais que ce n’est pas impossible. Si on bosse pour avoir son bac, on peut aussi bosser pour se permettre de se sentir de mieux en mieux.

Mon avancée actuelle face à la derma s’est faite en réfléchissant  aux  causes (en tout cas une partie des causes) : mon rapport difficile à ma peau et mon manque d’amour propre, d’estime de moi et de confiance en général. Et en adoptant des astuces concernant les triturages en eux-mêmes : me couper les ongles, prendre soin de ma peau pour remplacer une habitude maltraitante par une habitude bien traitante. Pour la suite, j’aimerai me faire aider en consultant un dermatologue et un psychologue et continuer sur mes efforts. J’ai besoin d’avoir un autre regard et surtout besoin d’accepter de demander de l’aide en général. D’exprimer ce que j’ai refoulé depuis longtemps. Mais je ne me sens pas prête encore à passer ce cap concernant la derma en elle-même. Après avoir passer autant d’années à tenter de masquer ce trouble, c’est difficile pour moi d’en parler à un professionnel. Alors j’ai pris rendez-vous avec une hypnotiseuse par rapport à ma consommation de tabac. Rien que le fait de prendre un rendez-vous et demander de l’aide, ça m’a fait bizarre. Ce n’est pas quelque chose dont j’ai l’habitude donc je suis fière d’avancer là-dessus. En plus de ça je pense que la derma et le tabac sont des habitudes dont les causes sont liées. J’ai hâte d’aller à ce rendez-vous et d’en tirer des réponses pour continuer à avancer vers plus de bien-être dans ma vie.

Avant ça j’ai découvert la méditation et, plus récemment, le yoga. Ces deux pratiques m’aident énormément à soulager mon stress, à me regarder de manière plus authentique et à m’accepter comme je suis à l’instant T. Et puis, il y a surtout le fait de mettre un mot sur ce trouble que je ne comprenais pas et de savoir que je ne suis pas la seule. Sortir de la solitude, du fait de me sentir seule avec moi-même m’a fait énormément de bien, surtout pour apprendre à l’accepter et à me pardonner d’avoir cette habitude. Parce que la culpabilité après chaque crise était et est encore aujourd’hui difficile à gérer pour moi. D’ailleurs ce compte instagram m’aide énormément à être plus bienveillante avec moi-même, à adopter une attitude plus positive envers ce trouble et surtout à avancer, à mon rythme. Merci encore ! Je pense que les contenus du compte transparaissent dans le texte tellement ça m’a parlé et aidé.

J’aime dessiner depuis toute petite mais j’ai lâché ça. J’avais l’impression de perdre mon temps, que c’était une activité trop enfantine pour une vie d’adulte dans laquelle il « faut » avoir des responsabilités. J’avais aussi de plus en plus peur du regard des autres sur mes dessins et ma volonté de perfection envahissante me bloquait à passer à l’action de dessiner. « Tu n’en feras pas un métier donc ça ne sert à rien ». Aujourd’hui, je me remets au dessin et je retrouve tous le positif que ça m’apporte dans ma vie. Ca me fait du bien de me sentir douée dans quelque chose, d’être libre de dessiner ce que je veux, d’être libre de montrer aux autres ce que je fais ou non, d’être libre de dessiner quand je veux, où je veux. Et je me suis rendue compte que ça me permet de calmer mes pensées, de m’apaiser, de me concentrer sur une seule chose à la fois, de faire quelque chose de concret. En plus de ça, il y a aussi le côté défi, car c’est un domaine où je peux toujours apprendre des nouvelles techniques et m’améliorer. Ca m’aide aussi à gérer mon côté perfectionniste, parce qu’un dessin desfois j’ai du mal à savoir quand je l’ai finis donc c’est à moi de me dire « Aller stop ! Là c’est bon, ça ne sera jamais parfait mais il est très bien comme ça ! » Le fait de dessiner m’aide aussi à m’entrainer à avoir une attitude plus sereine avec moi-même, j’ai l’impression que c’est comme une thérapie.

J’ai pris conscience aussi que mon perfectionnisme démesuré est non seulement une des cause de l’apparition du trouble, mais également un perturbateur dans mon avancée. Ca m’a aidé de m’en rendre compte pour être vigilante à ça. Il m’arrive même d’être perfectionniste dans la gestion de mes émotions ou d’autres actions de développement personnel. Alors j’apprends petit à petit à me dire que je ne suis pas un robot et que parfois mes émotions prennent le contrôle. Et également à adopter une attitude intérieure qui me permet d’apprendre à les accepter plutôt que de me culpabiliser et de dévaloriser mes ressentis. Sinon je repars dans le même engrenage que celui qui m’a mené à la derma et je ne vois pas le résultat des efforts que je fais. Je me suis rendu compte que le perfectionnisme n’était pas forcément positif dans ma vie lorsque j’ai décidé de faire du tri dans mes affaires. Ca fait très longtemps que je voulais me créer un environnement matériel plus positif et je me suis enfin lancée. Je suis tombée sur le livre de  Marie Kondo qui donne des conseils très intéressants sur la façon dont trier et considérer ses affaires. J’ai donc voulu suivre sa méthode à la lettre. Mais je me suis rendu compte que son conseil de commencer par trier les vêtements ne me correspondait pas. J’avais beaucoup de blocages. Au lieu d’en rester là et de me laisser guidée par mon côté perfectionniste, j’ai décidé de trier une autre catégorie d’objets. Le fait de m’écouter m’a permis d’avancer plus sereinement dans cet objectif tout en continuant à appliquer les conseils qui me parlent. Finalement je me dis que le fait d’avancer par rapport à la derma peut aussi se faire dans des actions qui, à première vue, n’y sont pas reliées.

Au fond, mon véritable défi n’est pas de vaincre la derma, mon objectif est d’apprendre à m’aimer plus. Le fait de m’entrainer à aimer ma peau et à l’accepter comme elle est, c’est au final une façon concrète de me rapprocher de cet objectif final. Tu n’es pas la derma, tu es une personne formidable qui n’en a peut être pas tout à fait conscience et la derma est la pour que tu puisses en prendre conscience ! J’imagine que c’est comme si deux régions de mon cerveau se prenaient la tête. Il y en a une qui dit « T’es super, c’est génial, t’es parfaite comme tu es, comme tout le monde ! » et l’autre qui dit « Nan, je pense pas… je suis pas trop sûre ». Alors la première dit « Ok, tu veux des preuves, je vais continuer à te triturer la peau et tu vas apprendre à t’aimer même avec ça ! Et tant que t’as pas compris la leçon, ça continuera ! ». Alors, je me souhaite et je souhaite à ceux qui vivent du mal-être de réussir à s’aimer un peu plus chaque jour.  J’ai des hauts et des bas mais je me culpabilise beaucoup moins. Et mes cicatrices me rappellent que j’ai été plus mal que ça. La diminution des crises de derma m’aide a voir concrètement le résultat de mes efforts. Le fait de voir les choses de cette manière me permet de sortir de la fatalité et me donne beaucoup d’énergie pour avancer. Je suis également responsable des souffrances que j’ai vécu au travers de ma peau. Pas responsable dans le sens « coupable » mais j’ai le pouvoir de choisir quel rapport j’entretiens avec ma peau. Si j’ai adopté une attitude dévalorisante et dénigrante j’ai aussi le pouvoir d’adopté une attitude valorisante et aimante envers ma peau. C’est pour ça que j’en veux de moins en moins aux personnes qui ont eu un discours un peu dévalorisant envers ma peau.

Je me dis que j’ai une partie de responsabilité dans la façon dont j’ai interprété ces paroles. En plus ça m’aide à donner moins de crédit à l’avis des gens sur d’autres facettes de moi. C’est un soulagement et un poids en moins. L’expérience de la dermatillomanie me permet de voir et comprendre mes raisonnements dévalorisants et d’améliorer ma vie. Si la dermatillomanie n’était pas là, ça aurait sûrement été plus difficile à cerner. Ironie du sort, c’est peut-être finalement une chance qui me permet d’aller mieux ! Un support pour mettre en lumière mon mal-être qui est plus abstrait.

Voilà où j’en suis actuellement. Je suis super contente d’avoir mieux compris ce trouble et d’avoir appris plein de choses sur moi grâce à ce compte et la mine d’infos et de témoignages qu’on y trouve. J’ai hâte de continuer sur ce chemin et d’avancer. On a chacun nos combats et je nous souhaite à tous de continuer nos efforts et d’apprendre à prendre soin de nous-mêmes, mentalement et physiquement !

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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