« J’ai tellement envie de m’en sortir. Je veux renaître, sortir de l’ombre. Mais aujourd’hui je sens que je ne pourrais pas y arriver seule… »

Des anonymes m’ont envoyé leur témoignage, leur histoire, des bouts de vie qu’ils ont partagés avec la dermatillomanie. Plongée intime dans les origines de leur mal-être et la manière dont ce trouble s’est développé en eux….

 

Je t’envoie ce message parce j’ai réellement envie de prendre mon problème en main et d’avancer, mais j’ai besoin « d’officialiser » la chose et d’arrêter d’en parler juste avec moi même. J’ai besoin de courage pour franchir le pas et commencer une thérapie. J’ai déjà tous les numéros de psys notés et envie de prendre un rendez vous mais je n’arrive pas à me décider. J’ai l’impression paradoxale d’être paralysée par toutes ces années où « j’aurais dû » faire quelque chose pour m’en sortir.

J’ai 25 ans et je dois bien avoir 15 ans de dermatillomanie derrière moi. J’utilise ce terme mais en réalité je le connais depuis peu, 1 ou peut être 2 ans, en cherchant sur internet, et aujourd’hui encore j’ai du mal à me sentir légitime pour l’utiliser. J’en ai parlé à mes parents et depuis peu à mes meilleures amies. Tous mes proches pourtant ont toujours vu mes bras, mes jambes, et m’ont même parfois vu le faire, mais ils n’ont jamais mesuré la portée de la chose. Mes parents me disaient « arrête », « tu vas te faire des cicatrices, tu vas te rendre moche », « tu ne veux quand même pas avoir les jambes aussi amochées que tes bras », « tu n’as pas de volonté » etc, etc, etc. Je sais qu’ils étaient démunis, mais j’avoue quand même leur en vouloir au fond, de ne pas avoir cherché à m’aider d’avantage.

Je suis partie des bras sur lesquels j’avais une kératose (ça donne des petits boutons rouges. Une peau assez sèche) puis j’ai étendu aux avant bras, aux mollets, aux cuisses, et depuis peu aux épaules et au décolleté. Moi qui étais habituée à voir mes bras avec des cicatrices j’ai plus de mal à les accepter sur les épaules ou le décolleté par exemple. Je crois que c’est ça qui m’a permis de tirer le signal d’alarme.

Je me reconnais dans tous les mots que j’ai pu lire dans les témoignages sur ce site, dans toutes les phrases, toutes les étapes du trouble. Pour moi il ne fait aucun doute que c’est la dermatillomanie. Il m’a fallu du temps pour y mettre les mots, pour accepter d’avoir un toc. Avant je n’arrivais pas à le décrire.

Quand mes parents me disaient « tu n’as qu’à arrêter » je leur répondais que c’est « comme une drogue » mais je n’arrivais pas à en dire plus. Aux personnes qui me posaient des questions sur mes bras je répondais que j’avais « une maladie de peau » ou « la peau très sèche » tout en n’oubliant pas bien sûr de préciser que « ce n’était pas contagieux ».
Je ne savais pas que j’avais un toc, mais je sentais de toute façon que personne ne prendrait cela au sérieux de « ne pas pouvoir s’empêcher de se percer les boutons ».

Je croyais pouvoir m’en sortir en grandissant, en ayant une vie plus remplie, avec le temps. Mais non. C’est même de pire en pire. Cela me prend beaucoup de temps, beaucoup de culpabilité quand je vois les dégâts, beaucoup d’énergie.
J’ai tellement envie de m’en sortir, mais même aujourd’hui, en ayant pleine conscience de mon trouble, je continue.

C’est pour cela que je voudrais commencer une thérapie, car je sais que je ne pourrais pas y arriver seule. Je veux me sentir mieux, je veux renaître, je veux laisser mes cicatrices superficielles reposer et partir, et je veux regarder celles plus profondes, qui ne s’en iront pas avec fierté, en me disant « tu t’en es sortie ». C’est vraiment ce que je veux.
Je t’ai écrit ce message parce que j’en ressentais le besoin, comme pour faire un pas en avant, « officialiser » mon envie de changement, sortir de l’ombre d’une certaine façon.

Je prends conscience que nous sommes nombreux à nous sentir dans l’ombre, à nous enfermer pendant des heures dans nos chambres ou salles de bain, maquiller le tout et sortir souriants comme si de rien n’était….
Alors merci pour ce compte et ces témoignages, merci de m’avoir fait sentir que nous étions nombreux et que c’est possible de guérir !

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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