« Et puis j’ai eu envie de me faire tatouer. Quelle ne fut pas ma surprise quand mon tatoueur m’a dit que c’était tout à fait possible de tatouer par dessus mes cicatrices ! »

Des anonymes m’ont envoyé leur témoignage, leur histoire, des bouts de vie qu’ils ont partagés avec la dermatillomanie. Plongée intime dans les origines de leur mal-être et la manière dont ce trouble s’est développé en eux….

 

La dermatillomanie ou plutôt « faire mes boutons » a commencé quand j’étais petite (environ 6 ans). On ne peut pas dire que j’ai eu une enfance heureuse, abandon paternel, divorce de ma maman et de son mari (l’homme qui m’a reconnu et que j’appelle papa) violence physique et morale…

Je ne sais pas vraiment comment ça a commencé mais j’ai cette impression que ça a toujours fait partie de moi.  J’ai commencé par les bras, ensuite les avants bras.

A l’adolescence, j’ai eu la chance de ne pas avoir d’acné mais j’ai commencé à me triturer le visage, puis la poitrine, les jambes… finalement j’attaquais tous mon corps en étant, et heureusement, plutôt raisonnable sur le visage. Le corps c’est facile à cacher mais pas le visage, j’ai donc modéré mes attaques sur cette partie de mon corps et me suis acharnée sur mes bras essentiellement. mon corps était constamment caché sous des manches longues même l’été. A 16 ans j’ai commencé à avoir une relation amoureuse plutôt sérieuse et l’idée d’envisager une relation sexuelle avec ce garçon m’a terrifiée car l’état de mon corps me répugnais. J’ai donc commencé une thérapie avec une pédopsychiatre (plus pour mon passé difficile que pour mes boutons mais au final tout était lié).

Finalement nous nous sommes séparés et j’ai tout de suite après rencontré l’homme qui est aujourd’hui mon mari, avec lui tout a été si facile, dès le début il a été au courant de mon passé, vu l’état de mes bras et n’a émis aucun jugement, jamais. Pendant un temps j’ai arrêté de me triturer, au point de n’avoir plus aucunes marques. Puis, avec le études, le stress des examens, loin de tout le monde et surtout de mon mari, j’ai recommencé. C’était de nouveau une routine quotidienne. Les années ont passées, premier cdi en poche, première grossesse puis une seconde, notre mariage, toujours sur fond de triturage de boutons. Il y a 4 ans je suis, par hasard, tombée sur un article qui parlait de l’acné excoriée, ça été le déclic, pendant tout ce temps je croyais être la seule au monde à me faire ça, ma maman m’a toujours dit que je me mutilais et en faite non!! 

J’ai donc contacté un psychiatre spécialisé dans les thérapies TCC (Thérapie comportementale et cognitive) et les toc, malheureusement elle ne connaissait pas ce toc et ne m’a pas vraiment aidée, mais la machine était en marche et je ne voulais pas m’arrêter là, je me suis mise au yoga, fais des séances de sophrologie… 

Je me sentais décomplexée, j’ai retiré mes manches longues, quand on me demandait d’où viennent ces marques, je ne mentais plus en disant que c’est une allergie. Cependant ça m’a tellement décomplexée que j’ai recommencé, encore plus violemment, mes bras étaient affreux, je faisait ça devant mes enfants, à tout moment, pendant des heures. Jusqu’au jour où j’ai vu ma fille de 3 ans prendre son bras et percer un bouton! J’étais anéantie. Mes crises se sont de nouveaux calmées, la sophrologie m’a beaucoup aidé. 

Et puis j’ai eu envie de me faire tatouer, enfin, l’envie à toujours été là mais avec l’état de ma peau je doutais de la faisabilité du projet. Quelle ne fut pas ma  surprise quand mon tatoueur m’a que c’était tout à fais possible de tatouer par dessus mes cicatrices! J’étais aux anges. Un mois avant le tatouage j’ai vraiment arrêté de me faire les boutons sur le bras où le tatouage devais ce faire ( je m’autorisais l’autre bras dans la limite du raisonnable), j’ai vraiment pris soin de ma peau en appliquant matin et soir du gel d’aloe vera, en quelques semaines l’état de ma peau c’est nettement amélioré. Le tatouage a été fais ( il va de l’épaule jusqu’au coude) et depuis je ne me fais presque plus mes boutons, ça a agis sur moi comme une thérapie, alors je ne dit pas que je ne me fais plus du tout mes boutons mais je trouve que les crises sont de plus en plus espacées et moins violente. 

Aujourd’hui je vis très bien avec ma dermatillomanie et le fait de savoir que je ne suis pas seule m’aide énormément. Je remercie d’ailleurs Camille de partager quotidiennement sa bienveillance et ses astuces pour combattre ce toc sur le compte Instagram @peaussible !

 

♥️ Témoignage à retrouver sur Instagram @peau.ssible

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