A cause de « ça », je ne pourrais jamais voyager… Vraiment ?

> Quand on souffre de quelque chose, on a souvent tendance à penser que la « vraie vie » ne commencera qu’une fois qu’on ne l’aura plu. On se dit que tant que le problème est là, il gâche tout sur son passage et enferme toutes nos envies dans une cage dont on n’a pas la clé… Parmi ces envies, on retrouve souvent le VOYAGE.

Pourquoi ? Parce qu’il nous impose de sortir de notre zone de confort, de nos habitudes. Parce qu’il nous expose à plus de spontanéité, moins de contrôle, plus de naturel. Toutes ces choses dont on a peur et qu’on refoule avec la dermatillomanie.

>> Alors oui, effectivement, on ne voyagera peut être pas exactement comme les « autres », mais est-ce que c’est une raison de ne pas voyager pour autant ?

De mon côté, s’il y a bien une chose que je me suis toujours dit, c’est que, avec ou sans la derma, je ne m’empêcherai jamais de voyager ! J’ai déjà visité, seule ou accompagnée, sur des petites ou longues durées, 29 pays. J’ai passé des nuits dans des bus, sous une tente, dans des dortoirs d’auberges de jeunesse, sur un canapé.

Et effectivement cela a été stressant.

   

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Le matin, je m’enfermais par exemple dans une cabine de douche avec mon petit miroir pour me démaquiller puis me remaquiller de suite après sans qu’on me voit. Quitte à faire juste le teint pour finir les yeux dans les miroirs communs. Je me souviens même de cette fois où je l’ai fait dans les toilettes d’un aéroport à Chicago ! L’autre option était aussi les lits avec rideaux en auberges de jeunesse, où je pouvais me préparer tranquille sans que personne ne voit ma peau « à nue ».  Et bien sûr, je laissais toujours ma trousse à maquillage dans mon sac cabine, au cas où ma valise soit perdue. Il faut penser à tout ^^ Et quelle anecdote quand, en Chine, j’ai fini mon correcteur (:O) et j’ai écumé tous les magasins de Shanghai pour essayer d’en trouver un à ma teinte, car les couleurs locales sont bien plus claires que chez nous…

OK ça demande de l’énergie.

Mais ce n’est pas ce qu’on retient. Ces voyages font partie des moments les plus marquants de ma vie, et de mes plus grands apprentissages ! Alors, SVP ne vous privez pas de vivre à cause de votre trouble. La vie est trop courte pour ça. Profitez, découvrez, évoluez, quelles que soient les petites stratégies que vous mettrez en place pour cela. Le plus important reste de VIVRE <3

Et vous alors, vous aimez voyager ? 🙂

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2 thoughts on “Voyager lorsqu’on est dermatillomane ?

  1. Bonjour Camille,

    J’ai découvert ton blog hier soir et je le dévore littéralement depuis.
    Quel soulagement de retrouver sous ta plume mes peurs, souffrances et espoirs article après article. Cette année, j’ai eu la chance de partir sur les chemins de Compostelle pendant deux mois… Et quelle remise en question.

    Avant : Me préparer un sac aussi léger que possible, choisir les produits qui vont m’accompagner durant ce voyage, craindre de ne pas en emmener assez, de dégoûter les gens avec mes rougeurs et imperfections, de ne pas pouvoir me laver le visage comme j’en ai besoin donc de voir l’état de ma peau se dégrader…

    Pendant : Jalouser les 95% de personnes qui se contentent d’un simple savon d’alep pour voyager, ne se maquillent évidemment pas, s’appliquent de la crème solaire directement sur le visage quand elles en ont besoin, n’ont pas d’imperfections ni de rougeurs. Stresser en bivouac de ne pas pouvoir me préparer en toute intimité le matin, que quelqu’un remarque que je me maquille et me juge, craindre la réaction des gens en auberge lorsqu’ils me verront démaquillée le soir (le plus tard possible évidemment)…

    Après : Etre déçue de ne pas avoir osé me montrer « telle que je suis », au naturel.

    Ces doutes et bien d’autres ont fait partie intégrante de mon voyage, chaque jour. J’ai souvent fait des choix limitants en fonction d’eux. Passée la culpabilité, je me suis rendue compte que ce maquillage n’était pas pour moi une manière de cacher ce que je suis mais plutôt la condition nécessaire pour me dévoiler. Cela m’aurait coûté beaucoup plus de ne pas être maquillée et de limiter mes interactions et rencontres, me voir me fermer à chacune d’entre elles de peur d’un jugement négatif. Un jour, je serai capable d’aller au-delà de cette phrase qui résonne constamment en moi : « Je serais jolie si je n’avais pas cette peau ». Et là, je serai libre.

    J’avais envie de poser ça ici. J’écris souvent mais jamais sur ce sujet, probablement parce qu’il est trop douloureux pour mettre des mots dessus. Et évidemment je n’en parle pas non plus à qui que ce soit. J’avais envisagé d’opter pour un pseudo pour être absolument certaine que personne ne puisse me reconnaître, mais finalement pourquoi prétendre ?

    Ton expérience me donne de l’espoir et du courage, alors mille fois merci.

    1. MERCI 1000 fois Elise pour ce magnifique message… Tu poses des mots si juste sur tout ça, et cette ambivalence qui nous caractérise un peu tous avec ce trouble… Bravo pour ton recul, ton analyse et ton authenticité. Bravo pour ton courage d’avoir osé écrire cela ici. Assumer, accepter, réaliser, c’est ça aussi la première étape la plus fondamentale plus aller mieux… Heureuse que ce site puisse t’aider… ! Camille

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