Vous êtes nombreux à m’avoir posé cette question : comment en parler à son entourage ?

En parlant avec vous, je réalise que beaucoup n’en ont jamais parlé à personne. Même pas à ceux dont ils sont le plus proche comme leur copain / mari / copine ou leurs parents. J’ai été comme ça aussi pendant longtemps. Et je vous assure que le fait d’en parler a été une vraie étape pour aller mieux… J’espère que ce témoignage et ces quelques conseils vous aideront !

 ——

Pendant longtemps je n’en parlais pas, c’était mon « secret ». D’ailleurs quand j’étais ado j’avais peur de boire de l’alcool parce que je me disais que si j’étais « bourrée », je dévoilerai peut être sans le vouloir cette part de moi… D’un côté j’en avais honte. Honte de ne pas être « normale », de ne pas réussir à m’en empêcher, de ne pas être aussi « parfaite » que je voulais le montrer…

Et de l’autre, j’avais peur aussi d’en parler. Peur qu’on ne me comprenne pas, qu’on me prenne pour une folle, qu’on me rejette, ou qu’on me dise qu’il suffisait d’arrêter, que c’était que de la volonté…

Mais en fait, c’est devenu pesant de garder ça pour soi. J’en avais marre de mentir, de me cacher, de toujours trouver des excuses pour tout. Pour toutes les soirées / RDV que j’annulais, pour le temps passé dans la salle de bain, le maquillage, les retards, les réveils mis plus tôt que les autres, les jours où j’étais triste, le manque de motivation pour certaines activités… Finalement j’en suis arrivée à un stade où je préférais être honnête et montrer cette part « imparfaite » de moi, plutôt que continuer à porter ce secret.

Alors petit-à-petit j’en ai parlé. Déjà sur les groupes Facebook de soutien. Vous êtes déjà dessus ? Je vous le conseille vraiment ! Ca aide de voir qu’on n’est pas tout seul… A l’époque, j’avais demandé à une fille sur un groupe de soutien anglais (Dermatillomania Support Group) si elle voulait qu’on s’aide toutes les 2. On avait parlé quasiment 6 mois toutes les 2, tous les jours. Ca m’a énormément aidée… Je me sentais comprise, elle me rassurait quand ça n’allait pas, essayait de me raisonner quand il le fallait etc. Puis j’ai décidé d’en parler à ma soeur, ma mère, mes meilleures amies, mon copain. Et honnêtement, ça a été tellement libérateur… C’est comme si quelque chose dans mon inconscient s’était débloqué, un noeud de « mensonges » et de « faux-semblant » qui se dénouait, et qui ramenait de la fluidité dans tout !

Puis petit-à-petit à mes parents, ma soeur, mon copain. Ils ont parfois (souvent) du mal à comprendre. Au début on peut effectivement se retrouver confronté à des phrases comme :

 

(post Instagram dans lequel je vous demandais ce que l’on vous avait déjà dit de pire par rapport à la derma…)

Il faut essayer de ne pas mal le prendre, même si c’est dur. Au final, ils n’arrivent juste pas à s’imaginer ce que l’on vit et pourquoi l’on s’inflige ça. Selon moi, une personne n’ayant jamais souffert d’un trouble psy quel qu’il soit ne peut vraiment comprendre cette dichotomie qu’on peut ressentir entre la « voix » dans notre tête qui nous pousse à continuer le comportement, et la raison… Ce n’est pas de leur faute. Par contre c’est de LEUR responsabilité d’essayer de comprendre, de s’y intéresser et de rester ouverts d’esprit.

> De votre côté, est-ce que vous en avez déjà parlé à quelqu’un ? Comment ça s’est passé ?

Quelques petits conseils :

  • Déjà attendez d’être prêt(e). Commencez à y penser et quand ce sera le moment, vous le sentirez…
  • Essayez d’illustrer les choses, pour que ce soit plus parlant. Par exemple vous pouvez comparer la derma avec la nourriture. Finalement notre trouble c’est un peu comme quand on a extrêmement faim ou envie de manger, et qu’on ne peut pas s’empêcher d’y penser tant qu’on n’a pas eu la nourriture qu’on voulait.
  • Vous pouvez leur envoyer mon compte Instagram @peau.ssible ou leur montrer ce site. Peut être que mon histoire ou les différents témoignages présentés ici leur permettront de réaliser que NON vous n’êtes pas seul(e) et NON vous n’êtes pas folle/fou…
  • Certains parmi vous ont également fait écouter à leurs proches mon interview dans le podcast « Sois sage et parle fort ». Je raconte comment la dermatillomanie s’est immiscée dans ma vie, comment elle se manifestait concrètement et ce que j’ai mis en place pour aller mieux… Si ce témoignage fait écho à votre propre histoire, cela peut être une manière détournée de leur faire « entendre » et mieux comprendre ce que vous vivez en passant par un « tiers » (ça ne me dérange pas 😀)
  • Si le fait d’en parler est trop difficile, pourquoi ne pas l’écrire ? Un mail, une lettre, un message… On trouve parfois plus facilement les mots et la barrière de l’écrit rend les choses plus faciles…

Et puis, je vous assure, vous allez être surpris de quelque chose.

Souvent quand on se confie à quelqu’un, qu’on dévoile une de nos « failles »…, l’autre fait pareil ! C’est comme si on faisait sauter un verrou de perfection, de contrôle et de façade avec la personne. L’autre en face se sent alors prêt à dévoiler lui aussi un peu de sa vulnérabilité. Et c’est aussi comme ça que des relations saines, authentiques et stables se construisent ! Vraiment, n’ayez pas peur, on est tous humains, on a tous nos problèmes et personne n’est parfait…

Et gardez toujours en tête que votre entourage vous aime pour autre chose que votre physique !

Si quelqu’un ne vous apprécie que pour votre apparence… c’est qu’il n’en vaut vraiment pas la peine !

♥️ Post Instagram @peau.ssible

Previous post Comprendre est important, mais la clé réside dans l’action
Next post Dermatillomanie : devrait-on arrêter de se maquiller ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *